Loisirs
Pratique d’une activité artistique
| 60% des personnes interrogées déclarent pratiquer une activité artistique | 40% des personnes interrogées déclare ne pratiquer aucune activité artistique |
| Les 3 activités les plus pratiquées * : - lecture-écriture : 45 % - activités multimedia : 30 % - musique : 23 % * Plusieurs réponses possibles | Les activités souhaitées * : - aucune : 29 % - musique : 23 % - activités multimedia : 16 % * Plusieurs réponses possibles |
| Lieux de pratique - à domicile ou sur lieu de vie : 56 % - structure pour personnes handicapées : 32 % - structure tout public : 8 % | Les difficultés de pratique * : - impossibilité liée au handicap : 24 % - lieux de pratique difficiles d’accès : 24 % * Plusieurs réponses possibles |
Les deux activités artistiques les plus fréquemment citées (lecture/écriture et activités multimedia) sont marquées par l’isolement, contrairement à d’autres activités se déroulant dans un contexte collectif (musique & chant, théâtre). Le fait que la majorité des personnes handicapées pratiquant une activité artistique privilégie leur domicile comme lieu de pratique contribue encore à renforcer cet isolement. Lorsque les activités artistiques ne sont pas pratiquées à domicile, elles se déroulent le plus souvent dans des structures pour personnes handicapées, très marginalement dans des structures tout public. En effet, une grande partie des activités de loisirs proposées par les associations de personnes handicapées ont lieu dans les locaux associatifs. Les grandes associations gérant des établissements pour personnes handicapées ont aussi tendance à décliner la majorité de leurs loisirs en interne, ce qui freine l’intégration sociale de leurs usagers. Au contraire, pratiquer des activités de façon mixte, en faisant cohabiter personnes valides et personnes handicapées, n’est pas forcément une pratique répandue. Ainsi, les activités artistiques pratiquées par les personnes handicapées ne favorisent pas leur intégration sociale, que ce soit dans le choix de l’activité ou dans le lieu de pratique.
Les difficultés invoquées par les personnes ne pratiquant aucune activité (lieux difficiles d’accès et difficultés liés au handicap) peuvent être interprétées comme résultant d’une inadéquation entre les lieux de pratique et les incapacités dues au handicap. Cette inadéquation pouvant entraîner une démotivation qui expliquerait que près d’un tiers des personnes déclare ne souhaiter pratiquer aucune activité artistique.
Fréquentation de lieux culturels et de loisirs
| 82% des personnes interrogées déclarent fréquenter des lieux culturels et/ou de loisirs | 18% des personnes interrogées déclarent ne fréquenter aucun lieu culturel et/ou de loisirs |
| Les 3 lieux les plus fréquentés * : - cinéma : 78 % - piscine : 42 % - bibliothèque : 44 % * Total supérieur à 100. Plusieurs réponses possibles | Les lieux souhaités * : - cinéma : 40% - théâtre : 40% - bibliothèque : 40 % * Total supérieur à 100. Plusieurs réponses possibles |
| L’accompagnement lors des sorties : - famille ou amis : 61 % - structure pour personnes handicapées : 29 % - seuls : 4 % | Les difficultés de fréquentation : - difficultés financières : 33 % - difficultés d’accès : 27 % - absence d’accompagnement : 13 % |
Une grande majorité des personnes handicapées interrogées fréquentent des lieux culturels et de loisirs. Les cinémas, les loisirs aquatiques (piscine, mer, plan-d’eau) et les bibliothèques sont les loisirs les plus fréquemment cités. Voyons de plus près ce que recouvrent ces données. Les cinémas ont une obligation légale d’accessibilité aux fauteuils roulants (les dispositifs pour pallier aux handicaps sensoriels sont beaucoup plus rares). Pourtant, cette obligation n’est que partiellement respectée. En effet, s’il est possible d’accéder en fauteuil roulant à une salle de projection dans 41 % des cinémas de la région PACA, seuls 34 % proposent aussi des emplacements réservés pour personnes en fauteuil roulant dans leurs salles et seulement 17 % offrent également des toilettes accessibles ( [1]).
20 % des piscines municipales se déclarent accessibles ( [2]), bien que les aménagements soient relativement incohérents (douches, vestiaires, wc, entrée inégalement accessibles). La plage du Prado à Marseille est équipée de dispositifs destinés à faciliter l’accès aux personnes handicapées : cheminement podotactile jusqu’à la mer pour les personnes non-voyantes ou mal voyantes, ponton adapté aux fauteuils roulants, fauteuil amphibie, places de parking réservées, toilettes, douches et consignes adaptées. L’aménagement de la bibliothèque de l’Alcazar a été pensé dans le but de faciliter l’accès, l’orientation et les déplacements des personnes handicapées. De plus, de nombreux dispositifs sont destinés à permettre l’usage des différents services de la bibliothèque en fonction du handicap des personnes concernées.
Il s’avère cependant que les activités culturelles sont souvent issues d’initiatives isolées de personnes volontaires, mais bénéficiant d’un accompagnement, puisque la majorité des sorties culturelles se déroule en famille ou avec des amis. L’absence d’accompagnement est d’ailleurs un frein important aux sorties culturelles, cité par les personnes ne fréquentant pas les lieux culturels ou de loisirs. A ceci, s’ajoutent des difficultés financières, ainsi que des difficultés d’accès. D’une part, un grand nombre d’établissements ne sont pas équipés à recevoir du public handicapé. Rares sont ceux qui proposent des parcours audio-guidés ou des visites adaptées en fonction des différents types de handicaps. D’autre part, aucune information globale destinée aux personnes handicapées en matière de culture n’est actuellement disponible. Il n’existe, par exemple, aucun fascicule précisant les musées accessibles de la ville de Marseille.
Le témoignage de Joëlle illustre la problématique à laquelle les personnes handicapées sont confrontées lors de leur sortie dans des lieux culturels non aménagés : « C’est bien les salles de concerts, mais une fois à l’intérieur, les gens sont debout, donc on ne voit plus rien, alors que nous payons pareil qu’eux. Du moment que nous avons payé le même tarif, je voudrais voir au moins la scène, mais comme les gens sont debout, on ne la voit pas. » (Comme tout le monde, Regards croisés sur le handicap, www.koinai.net).
Pratique d’une activité sportive
| 33 % des personnes interrogées déclarent pratiquer une activité sportive | 67 % des personnes interrogées déclarent ne pratiquer aucune activité sportive |
| Les 3 activités la plus pratiquées * : - activités aquatiques & nautiques (natation, voile,aquagym) : 38 % - vélo : 10 % - sports de combat :10 % * Plusieurs réponses possibles | Les activités souhaitées * : - aucune : 41 % - sports d’équipe : 16 % - danse, gym : 16 % - jeux de balle : 16 % * Plusieurs réponses possibles |
| Lieux de pratique : - structure pour personnes handicapées : 29 % - structure tout public : 68 % | Les difficultés de pratique * : - impossibilité liée au handicap : 57 % - difficultés financières : 11 % * Plusieurs réponses possibles |
| Equipement : - Avec équipement adapté : 41 % - Sans équipement adapté : 59 % |
L’offre sportive en direction des personnes handicapées existe et bénéficie d’une information globale sous la forme d’un livret édité par le Conseil général des Bouches-du-Rhône [3]. La pratique du sport est également facilitée par l’existence de trois fédérations nationales multisports dédiées aux personnes handicapées [4]. Plusieurs associations proposent également aux personnes handicapées de pratiquer une activité sportive en mettant à leur disposition des équipements adaptés :voilier aménagé, chaise à porteur pour les randonnées... Néanmoins, il s’avère qu’une petite minorité de personnes handicapées pratique une activité sportive, ayant réussi à surmonter les différents obstacles liés à cette pratique : transport, accès, barrière sociale et physique, acquisition de matériel spécifique. C’est une activité essentiellement individuelle, qui se déroule majoritairement dans des structures tout public.
Près de la moitié des personnes ne pratiquant pas d’activité sportive déclare ne souhaiter en pratiquer aucune. Réel déni ? Démotivation ? Peur du regard des autres ? Le prétexte du handicap pourrait être levé par l’utilisation d’équipements adaptés, or ces équipements sont rares et surtout coûteux. Les difficultés financières, citées par 11 % des personnes ne pratiquant pas d’activité sportive, représentent en réalité un frein bien plus important à la pratique sportive qu’il n’y paraît.
Séjours de vacances
| 86% des personnes interrogées déclarent partir en vacances au moins une fois par an | 14% des personnes interrogées déclarent ne jamais partir en vacances |
| 71% des personnes partant en vacances
déclarent être confrontées à des difficultés
pour partir ou durant leur séjour. Les difficultés rencontrées * : - besoin d’accompagnement : 52 % - tarifs trop élevés : 45 % - difficulté à trouver un lieu d’accueil adapté : 24 % - difficulté à trouver un moyen de transport adapté : 21 % * Total supérieur à 100. Plusieurs réponses possibles | Les 3 raisons les plus invoquées * : - difficultés financières : 67 % - impossibilité de voyager sans accompagnement : 33 % * Plusieurs réponses possibles |
Si une grande majorité des personnes interrogées partent en vacances au moins une fois par an, elles sont 71 % à être confrontées à des difficultés pour partir en vacances ou durant leur séjour. Ces difficultés (besoin d’accompagnement et difficultés financières) sont d’ailleurs les mêmes que celles invoquées par les personnes ne partant pas en vacances. Difficultés également relevées par Christian : « Prenez l’exemple des gares TGV, c’est très difficile de voyager, il vaut mieux se faire accompagner. Moi je constate qu’il y a quelques années je voyageais toujours seul pour me rendre chez la famille ou chez des amis par le train à travers la France. Maintenant je demande à être accompagné plus fréquemment. Et je sais que ce n’est pas toujours facile. » (De la lucidité à l’espérance, Regards croisés sur le handicap, www.koinai.net).
Les personnes interrogées déclarent également éprouver des difficultés à trouver un lieu d’accueil adapté. Pour faciliter les séjours de vacances des personnes handicapées, l’Association Tourisme et Handicap a créé un label « Tourisme et Handicap » [5]. Il s’adresse aux professionnels du tourisme et prestataires de services qui souhaitent ouvrir leurs établissements ou leurs sites au public le plus large. Il concerne :
- les hébergements : hôtels, villages de vacances, maisons familiales, chambres d’hôtes, centres d’accueil de jeunes, auberges de jeunesse, résidences de tourisme, locations de meublés et de gîtes, campings, ....
- la restauration : restaurants, bars, brasseries, fermes auberges...
- les sites touristiques : monuments, musées, salles d’exposition, châteaux, sites remarquables, jardins... - les sites de loisirs : parc à thème, salles de spectacles, équipements sportifs et récréatifs, piscines et équipements balnéaires, bases de loisirs, salles de sport...
L’évaluation repose sur un cahier des charges très précis, qui détermine la largeur des portes, la hauteur des interrupteurs, des barres, des axes de rotation, des points de transferts, les aménagements requis dans la salle de bains...
A ce jour, dans les Bouches-du-Rhône, 82 structures et équipements touristiques sont entrés dans la démarche Tourisme et Handicap et 12 sont labellisés.
Une autre difficulté rencontrée par les personnes interrogées concerne les moyens de transport. La SNCF se targue d’offrir de nombreuses facilités aux personnes handicapées. Mais les prestations varient d’une gare à l’autre. Ainsi, certains parcours ne sont pas desservis par des trains permettant la réservation d’un espace dédié à un fauteuil roulant. Il faut alors se rendre en gare (sic !) pour bénéficier d’une prise en charge personnalisée. Le service Minitel ne permet pas de bénéficier actuellement des avantages liés à la carte d’invalidité ou encore de réserver l’espace dédié aux fauteuils roulants. A Marseille, la Gare Saint-Charles bénéficie néanmoins d’un certain nombre d’équipements pour les personnes handicapées : emplacements de parkings aménagés, cabines téléphoniques surbaissées, fauteuils roulants, ascenseurs, toilettes aménagées, bande d’éveil de vigilance.
Lors de l’enquête, d’autres difficultés quant au transport des personnes handicapées nous ont été signalées, comme le refus d’embarquement par une compagnie aérienne.
[1] Enquête CREAI PACA & Corse, 2004.
[2] Enquête CREAI PACA & Corse, 2004.
[3] Sport & Handicap, guide pratique, 2005
[4] Fédération Française de Sport Adapté, fédération française Handisport, ligue sportive des sourds de la Méditerranée
[5] Plus d’infos sur : http://www.tourisme-handicaps.org/







